DzActiviste.info Publié le jeu 21 Nov 2013

Syrie, la folie d’une dynastie

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Bachar Assad http://blogs.mediapart.fr

20 NOVEMBRE 2013 |  PAR ALEXANDRA BASSET

Compte-tenu de la difficile couverture du conflit syrien par les journalistes, le régime de Damas a de fait un monopole sur le traitement de l’information qu’il diffuse à travers tout un réseau de propagande sur Internet, y compris en France à travers des sites d’extrême-droite (Alterinfo, Agoravox, Atlantico, Egalité et réconciliation, réseau Voltaire, les sites anti-Nouvel ordre mondial, InfoSyrie, etc.). Bachar El-Assad a d’ailleurs reçu des figures de l’extrême à plusieurs reprises, des photos officielles désormais connues l’attestent. D’un point de vue purement idéologique, on comprend l’attachement de l’extrême-droite pour ce type de régimes anti-démocratiques et conservateurs, qui excellent dans l’art des intrigues à la cour. Quelques rappels sur ce régime dynastique semblent donc nécessaires.

Le contrôle alaouite de la politique et des institutions

La Syrie n’a plus connu d’élection démocratique depuis l’arrivée au pouvoir du parti Baas, en 1963, ayant mis fin à une période d’instabilité politique et de coups d’Etat militaires. Ce parti dominé par la minorité alaouite a une très large majorité de sièges au parlement, les autres sièges étant occupés par des députés indépendants et par des membres du Front national progressiste, un groupement de partis politiques syriens (parti socialiste, parti communiste, mouvement socialiste arabe…) créé par Hafez el-Assad en 1972 pour donner l’illusion d’un système multipartiste, selon les modèles est-allemand et polonais de l’époque. Il s’agit d’une caisse de résonance de la société où les préoccupations économiques et politiques sont discutées. Néanmoins, la mainmise du parti Baas sur cette formation limite sa fonction et les débats sont bien contrôlés par l’appareil du parti. Voilà comment l’opposition est muselée dans les systèmes autoritaires, en proposant une coalition et en contrôlant les échanges en son sein. On notera d’ailleurs, tradition non-démocratique oblige, que le ministre russe des Affaires étrangères a récemment déclaré que la Russie souhaite la mise sur pied d’une plate-forme réunissant tous les opposants syriens pour Genève 2 (source L’Orient-Le jour, 20 novembre 2013). Il a également rappelé que « l’opposition n’a toujours pas formé de délégation qui représente l’ensemble de la société syrienne ». Le fait d’envisager les opposants politiques comme un tout global, en les réunissant dans un bloc unique et uniforme montre bien les limites que ces régimes entendent imposer au pluralisme.

Dans un contexte de révolte contre le gouvernement, le parlement syrien a voté, le 25 juillet 2011, une loi autorisant l’existence de partis d’opposition sous diverses conditions. Une démarche visiblement trop tardive et limitée, les manifestations populaires et rébellions armées n’ayant pas cessé par la suite. En effet, cette loi ne met pas fin au système et permet à la dynastie Assad et au clan alaouite exerçant son contrôle sur toutes les institutions de l’Etat, en particulier l’armée, de garder sa mainmise sur la politique et l’économie.


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