DzActiviste.info Publié le sam 15 Juin 2013

Syrie: vague de défections au sein de l’armée

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Bachar Assad7AFP

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15.06.13

Plus de 70 officiers, dont six généraux, ont déserté l’armée du régime du président syrien Bachar al-Assad, un mouvement d’une ampleur inédite depuis plusieurs mois et qui intervient après la décision américaine de livrer une « aide militaire » aux rebelles.
La Syrie a été au centre des discussions entre le président américain Barack Obama et ses homologues européens en prévision du sommet du G8 qui se tient en début de semaine en Irlande du nord, et où les puissances débattront des moyens d’en finir avec le conflit dévastateur qui a fait plus de 93.000 morts selon l’ONU.
Le président américain a également discuté de la question des armes chimiques, son administration ayant clairement accusé le régime, pour la première fois, d’avoir eu recours à un tel arsenal, des accusations rejetées par le pouvoir à Damas et jugées « peu convaincantes » par son allié russe.
Après un ralentissement du rythme des défections de l’armée syrienne au cours des derniers mois, plus de 70 officiers, dont six généraux et 22 colonels, ont fait défection au cours des 36 dernières heures pour rejoindre la Turquie voisine, qui soutient l’opposition, selon une source officielle turque.
Cette vague de défection intervient après la décision américaine jeudi de livrer une « aide militaire », dont la forme n’a pas encore été précisée, aux insurgés syriens.
Les pays occidentaux, soutiens de l’opposition au président Bachar al-Assad, se sont jusque-là refusés à franchir le pas de la livraison d’armes aux combattants rebelles par crainte de les voir tomber entre les mains de ses éléments islamistes les plus radicaux.
Mais la récente avancée militaire des forces de Damas, appuyées par le mouvement chiite libanais Hezbollah, les a contraints à réétudier dans l’urgence cette possibilité.
Des représentants des pays qui soutiennent l’opposition syrienne ont rencontré vendredi et samedi à Istanbul son chef militaire le plus important, le général Sélim Idriss, pour évoquer de possibles livraisons d’armes à la rébellion.
La décision américaine de fournir une aide militaire, un tournant dans la stratégie de l’administration Obama, intervient après que celle de l’Union européenne en mai de lever l’embargo sur les armes à destination de l’opposition, ouvrant la voie à un soutien occidental accru aux rebelles.
Vendredi soir, Barack Obama s’est entretenu avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président français François Hollande, le Premier ministre italien Enrico Letta et la chancelière allemande Angela Merkel, selon la Maison Blanche.
Ils ont « évoqué la Syrie, dont la question de l’utilisation par le régime d’armes chimiques contre son propre peuple, et les façons de soutenir une transition politique pour en finir avec ce conflit », d’après un communiqué.
M. Obama rencontrera ces mêmes dirigeants lors du sommet du G8, qui se tient lundi et mardi en Irlande du nord.
Moscou, également membre du G8 et fournisseur d’armes au régime de Damas, a prévenu que l’aide américaine compromettait les efforts de paix en Syrie, alors que la Russie et les Etats-Unis tentent d’organiser à Genève une conférence internationale en présence de représentants du régime syrien et de la rébellion.
Le président russe Vladimir Poutine aura l’occasion d’en parler avec M. Cameron dimanche à Londres, et avec M. Obama lundi lors de deux rencontres bilatérales.
Washington et Moscou divergent également sur la question des armes chimiques, la Russie affirmant samedi que le président Assad, fort de l’avancée de ses troupes sur le terrain, n’avait pas besoin de recourir à de telles armes.
« Le régime remporte des victoires sur le terrain, l’opposition l’a reconnu ouvertement », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
« Quel sens peut-il y avoir pour le régime syrien d’utiliser des armes chimiques, surtout à si petite échelle ? » s’est-il interrogé.
Sur le terrain, l’aviation et l’artillerie du régime syrien bombardaient comme chaque jour des poches rebelles à Damas et dans ses environs, où les insurgés maintiennent leurs positions, ainsi que dans d’autres régions, notamment celle de Homs (centre), selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


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