DzActiviste.info Publié le dim 6 Oct 2013

Tafsut ‘n Imazighen

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Printemps des peuples, Printemps des révolutions, Printemps de Prague, Printemps de Pékin, Printemps arabe, Printemps érable…mais aussi Printemps Berbère….Tafsut ‘n Imazighen

Ma grand-mère contait de belles histoires ! Vraies, inventées, transformées.. toutes pour mon plus grand plaisir.Tafsut 'n Imazighen dans Accueil gida-300x286

Il y avait parfois un chat (emchich), la lune (aggour), des enfants( arrach, tiqchichine), un crapaud ( amquerqour), une main (afuss), un homme (argazz), une femme (tametouth), des épouses ( tilaouines), des olives bien sur !(azzemour), un chien ( aydhi, aqjun), un burnous ( avarnous), une lumière ( tafath) et encore et encore

Elle était née en 1875, et elle dessinait, un peu comme Baya qu’elle ne connaissait d’ailleurs pas et dont elle avait donné le prénom à sa fille, ma mère.

Des dessins naïfs, exprimant toujours, dans une parfaite sérénité, la marche de la vie.

FEMME A LA FENETREIl y avait aussi, dans chaque dessin, une lampe au plafond, comme un rengaine qui changeait de sens à chaque fois ; une lampe tenue par un fil, penchée pour mieux éclairer.

Je n’ai jamais cherché à « décoder » ce qu’elle disait ou taisait, ce qu’elle dessinait. Je n’ai pas non plus tenté de dénouer l’énigme de ses contes. J’écoutais, je regardais, j’appréciais, je vivais.

Elle ne parlait pas le français, mais le kabyle avec juste quelques mots d’arabe pour se faire comprendre. Et tout le monde la comprenait parce qu’elle savait se faire écouter.

Souvent elle racontait ce merveilleux voyage qu’elle avait fait, enfant, en calèche d’Akbou à Bougie, pour ensuite prendre le bateau vers Annaba , ! Quelle aventure !

Elle racontait l’épopée de Cheikh el Mokrani que son père avait connu, et était fière que j’étudie dans le lycée qui porte son nom.

Tout le monde l’appelait affectueusement Gida. C’était une grand mère comme on en rêve. Patiente, attentive, attentionnée, elle tricotait tranquillement, assise sur son banc dans le jardin de cette grande maison où nous vivions tous, entourés de signes, de symboles dans lesquels nous pouvions trouver la paix.

Gida, une grand mère qui vit encore, en moi !

Aziz FARES


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