DzActiviste.info Publié le mar 3 Juin 2014

Torture : Le comité onusien veut des poursuites contre les «tortionnaires»

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Taille du texte normaleanwar_malekEl Watan le 03.06.14

Trois ans après avoir déposé une plainte devant le Comité contre la torture de la Commission des droits de l’homme auprès de l’ONU, le journaliste écrivain Anouar Abdelmalek a obtenu gain de cause.

Le comité a constaté la violation, par l’Algérie, de la convention de lutte contre la torture. Il a appelé à une enquête impartiale et des poursuites contre les responsables, dans un délai de 3 mois.Le Comité contre la torture de la Commission des droits de l’homme auprès de l’ONU a épinglé l’Algérie, accusée de «tortures» par Anouar Abdelmalek, ancien militaire, devenu journaliste. Défendu auprès de l’institution onusienne par l’ONG suisse, Trial (Track Impunity Always) qui lutte contre l’impunité, Anouar Abdelmalek a accusé «le DRS, l’ancien patron de la police, le défunt Ali Tounsi, ainsi que le ministre sans portefeuille, Bouguerra Soltani» et à travers eux, l’Etat algérien, de «l’avoir battu, de lui avoir fait subir la technique du chiffon, des décharges électriques, de l’avoir suspendu au plafond par le pied gauche, de lui avoir infligé des torsions violentes à la jambe jusqu’à la fracture, perforé à vif le pied droit, et de lui avoir introduit une barre dans l’anus» durant les années 2001-2005, au cours desquelles, il dit avoir été maintenu en détention «dans les locaux du DRS», où il aurait subi «de mauvais traitements». Réuni le 23 mai dernier, le Comité contre la torture a rendu sa décision, transmise le 27 mai à l’avocat de Trial, Me Phillip Grant, dans laquelle il précise : «Au vu du manque d’information fournie par l’Etat partie sur ces questions et les arguments figurant dans ses observations finales, le Comité ne peut que constater en l’espèce que l’Etat partie a failli à ses obligations d’assurer au requérant le droit de porter plainte et de poursuivre les responsables des actes de tortures.» Il souligne que l’Algérie n’a «diligenté aucune enquête prompte et impartiale plus de 12 ans après les faits reprochés qu’elle n’a pas, note-t-il, contestés». Il rappelle l’obligation d’ouvrir «immédiatement une enquête impartiale, chaque fois qu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’il y a un acte de torture commis. En l’absence d’explication de l’Etat partie sur les raisons de l’absence d’une telle enquête, plus d’une décennie après les faits, le Comité conclu à la violation» de la convention de lutte contre la torture ratifiée par l’Algérie. A ce titre, il a appelé les autorités algériennes à «ouvrir une enquête impartiale sur les événements afin de poursuivre en justice les personnes responsables du traitement infligé au requérant» et de lui rendre compte «des mesures prises à cet effet  dans un délai de 3 mois».
Salima Tlemçani


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