DzActiviste.info Publié le mar 13 Nov 2012

Trélans: Crash de l’avion en Lozère : les billets algériens, un feuilleton maudit

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ALEXANDRE MENDEL
13/11/2012, 11 h 22

Que sont devenus les rouleaux de papier fiduciaire transportés dans l’avion militaire ? (ALEXANDRE MENDEL)

C’est à croire que le papier monnaie servant à la fabrication des dinars algériens est maudit : rouleaux de matériels fiduciaires volés par la mafia napolitaine,
incendie de l’imprimerie de la Banque nationale d’Algérie cet été et, vendredi, le crash.

Attention, sujet sensible. Hautement sensible. Passé le court épisode de désincarcération des six corps présents à bord de l’avion militaire algérien qui s’est écrasé, vendredi à Trélans (Lozère), la presse algérienne s’interroge : que sont devenus les rouleaux de papier fiduciaire chargés à bord du Casa 295 ? Ont-ils brûlé, ont-ils était récupérés, par qui, comment ? Motus et bouche cousue des Algériens et des Français. Car ce genre d’affaire est monnaie courante en Algérie.
Trois rouleaux de papier fiduciaire volés par la Camorra
Ainsi, le 30 novembre 2006, un camion qui transportait 19 tonnes de papier fiduciaire et qui avait été chargé à Gmund, dans le sud de la Bavière, est attaqué par des hommes armés sur le parking de Sagatrans, à Marseille, la société chargée d’acheminer le matériel par voie maritime à Alger. 44 rouleaux, représentant 15 milliards de dinars algériens (150 millions d’euros) se volatilisent. Le papier est utilisé alors pour faire des fausses coupures, retrouvées, deux ans plus tard à l’aéroport de Marseille Provence.
En passant par Lyon…
En 2009, trois rouleaux sont ainsi mis au jour dans un entrepôt de la Camorra, la mafia napolitaine. Rien que ça. La même année, les autorités françaises arrêtent à Lyon quatorze personnes liées à ce trafic. Trente-sept rouleaux circuleraient encore entre l’Europe et la France. A l’époque, déjà, note Guillaume Dasquié de Libération, « ni le parquet, ni les policiers et encore moins le magistrat n’ont commenté l’ampleur du trafic ».
Un trafic de fausse monnaie ?
Pire, fin août, ce sont carrément les imprimeries de la Banque nationale d’Algérie (qui fabriquent des coupures moins sécurisées) qui partaient en fumée lors d’un incendie qui a mobilisé plus de 200 sapeurs-pompiers, des échelles aériennes, des équipements d’éclairage, des ambulances et 30 camions-citernes ! Les pompiers avaient été retardés pendant une heure par les autorités locales.

Paranoïa et suspicions généralisées sur les sites d’informations algériens, où les commentaires d’Algériens, vivant au pays ou expatriés, voient l’œuvre d’un trafic gigantesque de fausse monnaie. C’est dire si le crash, au beau milieu des prairies vallonnées de Lozère et d’Aveyron, rajoute encore un peu à la méfiance d’un peuple.
« Derrière le lièvre, peut se lever un sanglier », prédit Djamaledine Benchelnouf, fondateur du Quotidien d’Algérie. Ce journaliste a fui son pays au début des années 2000 et est réfugié politique en France.
Ce journaliste s’interroge : « Ces rouleaux de billets ont sans doute été fabriqués à Louisenthal de Gmund, l’entreprise qui fournit un papier fiduciaire super sécurisé, avec code, etc. D’ordinaire, le gouvernement algérien les convoie par la route jusqu’à Paris puis par avion depuis Le Bourget. Pourquoi encore un problème de convoyage ? C’est bizarre! »
Le culte du secret des autorités algériennes
En attendant, précise encore une source, « à la grande joie des autorités algériennes, les six corps des victimes ont été rapatriés et seront identifiés uniquement par les Algériens ». Le consul d’Algérie de Montpellier avait promis une conférence de presse « sans que les journalistes ne puissent lui poser de questions ». Il n’en a rien été. Le culte du secret, toujours.
Source Midi Libre


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