DzActiviste.info Publié le lun 7 Oct 2013

Un autre scandale à Sonatrach et Schlumberger Algérie, des transformateurs de 300 000 euros achetés à… 1,2 million d’euros

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Tanzanie_apD’anciens cadres dirigeants de Sonatrach ont été convoqués, ces dernières semaines, par le pôle pénal spécialisé d’Alger pour être entendus sur une affaire d’achat par Sonatrach auprès de Schlumberger de deux transformateurs à des prix exorbitants : ils ont été facturés 1,2 million d’euros la pièce alors que leur prix réel ne dépasse pas les 300 000 euros.

Sonatrach a viré le montant de la transaction sur un compte ouvert par Schlumberger à Dubai… le nouveau paradis fiscal.

Quatre ans après, une affaire de surfacturation dans une transaction d’acquisition par Sonatrach de deux transformateurs tombe sur le bureau du juge de la 6e chambre du pôle pénal spécialisé près la cour d’Alger, apprend-on de sources sûres. Plusieurs anciens cadres dirigeants du groupe pétrolier, dont l’ex-PDG, Mohamed Meziane, et des vice-présidents poursuivis dans le cadre de l’affaire Sonatrach 1 (actuellement pendante au niveau de la Cour suprême) ont été entendus sur les conditions dans lesquelles ce marché a été donné à la société Schlumberger Algérie.

Il s’agit, en fait, de l’importation de deux transformateurs destinés à équiper des bases-vie dans le sud du pays, à un prix qui donne le tournis. Selon nos sources, c’est durant l’été 2009 que les services de lutte contre la fraude de l’administration ont découvert le pot aux roses. Importés par la société Schlumberger Algérie, ces deux transformateurs ont été facturés à Sonatrach 2,4 millions d’euros. Le prix mais aussi la traçabilité de la transaction ont provoqué la réaction des douaniers. En effet, les deux transformateurs ont été achetés en Corée du Sud et le prix versé par Sonatrach a été viré sur un compte bancaire domicilié à Dubai, une ville connue comme étant un paradis fiscal.

Des factures salées

Pourquoi Sonatrach est-elle passée par Schlumberger Algérie pour acheter deux transformateurs ? Pourquoi a-t-elle accepté de s’acquitter d’une facture aussi salée sans s’assurer du prix réel sur le marché ? Autant de questions sans réponses qui ont poussé le service de lutte contre la fraude à bloquer les équipements et à passer par une expertise, dont les résultats ont malheureusement confirmé les soupçons. En réalité, dans les meilleurs des cas, le prix réel du transformateur ne dépasse guère les 300 000 euros.

Une plainte pour violation de la réglementation des changes a été déposée par l’administration des Douanes contre Schlumberger Algérie auprès du tribunal de Rouiba, lequel a saisi la brigade économique et financière près la sûreté de wilaya d’Alger. Quelques semaines plus tard, le dossier a été déféré devant le pôle pénal spécialisé de Sidi M’hamed près la cour d’Alger, étant donné que les infractions constatées relèvent de ses prérogatives. Plus de quatre ans après, le juge de la 6e chambre de ce pôle entame l’instruction.

De nombreux anciens cadres dirigeants ont été convoqués et entendus par le magistrat instructeur, parmi lesquels l’ex-président-directeur général de Sonatrach, Mohamed Meziane. Selon nos sources, celui-ci aurait nié catégoriquement avoir été mis au courant de ce marché, alors que les autres vice-présidents comme Belkacem Boumediène, chargé de l’activité Amont (en détention préventive dans le cadre de l’affaire Sonatrach 1) et Cheikh Mustapha (cadre au niveau de la même direction). Pour l’instant le juge n’a pris aucune décision dans le cadre de ce dossier qui risque de faire tache d’huile dans les jours à venir.

En effet, il y a une année, des sources proches de l’ancien PDG de Sonatrach avaient fait allusion à cette affaire pour démonter les accusations portées à l’encontre de ce dernier ; elles avaient insisté sur le fait que Meziane ne signait aucun acte de gestion sans l’accord ou l’avis de l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil. «Rien ne se faisait sans son avis écrit ou verbal. Aujourd’hui, s’il y a une personne dont le nom est cité dans l’ensemble des dossiers en instruction à Alger et à Milan, c’est bien l’ex-ministre de l’Energie.

Pourquoi voudrait-on poursuivre l’ex-PDG et son fils Réda pour avoir accepté de travailler chez Saipem, alors que le fils de l’actuel PDG de Sonatrach travaille pour Schlumberger en Suisse ? Il faut savoir que cette société a été épinglée par les services des Douanes pour une affaire de surfacturation qui a fait l’objet d’une plainte auprès du tribunal de Rouiba, pour laquelle Mohamed Meziane ainsi qu’un de ses vice-présidents avaient été entendus ?», avaient affirmé nos interlocuteurs dans une déclaration à El Watan, il y a quelques mois seulement.
Visiblement, avec cette affaire, c’est le pavé dans la mare.

El Watan 07 10 2013
Salima Tlemçani


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