DzActiviste.info Publié le ven 21 Déc 2012

Un collectif pour une autre mémoire

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Un collectif pour une autre mémoire

Avec la Chartre pour la Paix et la Réconciliation nationale, le pouvoir prétend interdire la mémoire de l’affrontement avec le terrorisme islamiste. En vérité c’est toute idée de conflit au sein de la société qu’il veut nier et délégitimer.  La contestation de cette approche despotique de l’histoire passe par la réhabilitation du patrimoine de luttes menées par notre peuple. Le souvenir est aussi un champ de lutte, un prolongement du combat politique.

Cette mémoire des luttes, des souffrances et des espoirs qu’elles ont portés est essentielle à la poursuite du combat pour l’émancipation sociale et politique. Elle l’éclaire et le raffermit. Elle permet d’éviter la répétition d’erreurs et ouvre la voie à des expériences nouvelles. Des expériences non pas enfermées dans le passé, mais fortes de ce passé. Cette mémoire est le lien entre les différentes générations d’activistes sociaux et politiques.

On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société dans laquelle serait absente toute alternative de liberté, de progrès et de justice sociale. C’est ce que s’acharnent à établir une classe politique obsolète, les forces de l’argent, le système éducatif et universitaire contraint par l’idéologie dominante et une presse trop souvent soumise à la logique néolibérale. En effaçant toute trace de certaines luttes, de certains acteurs en détournant le sens de certains événements.

Nous devons résister à cette hégémonie en opposant une autre mémoire. Une mémoire des luttes et mouvements de protestation populaires pour la libération et l’édification nationale, contre l’impérialisme, pour le recouvrement de l’identité nationale et la reconnaissance de tamazight, pour les droits de l’homme, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, contre le terrorisme islamiste, pour les libertés syndicales ou pour la justice et la vérité. Autant de luttes dans lesquelles ont toujours été engagées les forces du changement radical.

Il faut opposer au processus de sélection des hommes et des faits qui font la matière de l’histoire officielle un travail patient de collecte de témoignages et de documents, à partir desquels pourraient s’organiser des échanges et la transmission à travers différents supports écrits et audiovisuels ainsi qu’à l’occasion de rencontres commémoratives. Il faut, surtout, élaborer une réflexion sur cette histoire pour en faire ressortir le sens. Car oui, l’histoire a un sens.

Il s’agit donc d’engager un travail politique. Il peut s’appuyer sur la compétence des historiens, mais il doit d’abord et avant tout se baser sur l’engagement militant et citoyen. Le 50ème anniversaire de l’indépendance offre l’occasion d’engager le débat sur l’écriture d’une autre histoire, une histoire populaire grâce à laquelle nous pourrions forger les réponses à apporter aux négationnistes et aux provocateurs qui à l’instar de l’ancien ministre de la Défense français traitent la mémoire comme ils traitent les vivants : par le mépris.

Prenons le pari que la révolte qui s’empare de toutes les sphères de la vie sociale et politique, en Algérie, peut gagner l’histoire. Afin d’entamer la mise en place d’un collectif pour une autre mémoire et lui tracer un programme de travail,

PS : différentes propositions sont déjà avancées comme la célébration des manifestations du 11 décembre 1960, la commémoration de la disparition de Mohamed Sellami le 19 décembre 1994, hommage à Che Guevara à l’occasion de son dernier discours public  lors de son passage à Alger le 24 février 1965, célébration des marches contre le terrorisme islamiste des 22 mars 1993 et 1994, hommage à Henri Maillot…


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