DzActiviste.info Publié le ven 11 Jan 2013

Un militant franco-algérien des droits de l’Homme arrêté à Alger

Partager

Iskander-DEBBACHEALGER – Un militant franco-algérien des droits de l’Homme, Iskander Debbache, qui réside en France, a été arrêté jeudi par la police à l’aéroport d’Alger, a indiqué à l’AFP sa future épouse Hakima Brahimi, qui s’est dite très inquiète, ignorant les raisons de son interpellation.

Iskander Debbache est arrivé à 10H20 (09H00 GMT) sur un vol d’Air Algérie en provenance de Paris-Orly. Mais au contrôle de la police des frontières, il a été interpellé, a déclaré Hakima Brahimi, professeur de français à Alger, que le militant est venu épouser.

Des policiers m’ont dit qu’il était désormais entre les mains du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), a-t-elle affirmé.

Auparavant, elle avait été autorisée à lui parler pendant une vingtaine de minutes. Je suis très inquiète et mon mari l’est davantage. Quand je l’ai vu, il m’a confié qu’il avait peur pour sa vie, a-t-elle dit.

Selon elle, M. Debbache, qui voyageait avec un passeport français, ignorait les raisons de son interpellation.

Dans une déclaration transmise à l’AFP à Paris, le collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) a dénoncé une arrestation arbitraire d’un militant des droits de l’Homme en exil.

D’après le CFDA, qui milite pour une reconnaissance internationale des disparitions forcées durant la guerre civile des années 90 en Algérie, Iskander Debbache avait fui l’Algérie suite à des menaces qu’il avait reçues.

Le CFDA s’est dit inquiet, l’expérience montrant selon lui que toute intervention du DRS est synonyme d’interrogatoire musclé, de détention arbitraire pour une durée indéterminée, de mauvais traitements, voire de disparitions forcées.

Selon son fils Redha Debbache, Iskander Debbache et lui-même ont quitté l’Algérie le 14 octobre 1997 pour l’Argentine. Ils y ont vécu jusqu’en mars 2002 quand ils sont arrivés en France. Mon père a d’abord été réfugié politique en France, puis il est devenu Français, a-t-il dit.

C’était un ingénieur en électronique au Centre audiovisuel de l’armée de 1990 à 1997. Durant les nuits de travail où il intervenait sur les machines et les ordinateurs, il voyait les militaires visionner et monter les images des massacres, a-t-il dit à l’AFP à Paris.

L’annulation en 1991 du second tour des législatives que l’ex Front islamique du salut (FIS) était en passe de remporter a plongé l’Algérie dans une guerre civile qui a fait officiellement près de 200.000 morts et des milliers de disparus selon des ONG.

Ce conflit a été marqué par de nombreux massacres de civils imputés aux groupes islamistes armés, mais des ONG ont accusé l’armée d’être impliquée dans certains de ces massacres.

En août 2011, un Franco-Algérien, ancien sous-officier du renseignement algérien, Bachir Belharchaoui, qui résidait en France après avoir quitté l’armée en 1993, avait été arrêté à l’aéroport d’Alger dès son arrivée par des membres du DRS.

En octobre dernier, il avait pu regagner la France après avoir avoir passé un an sous les verrous en Algérie pour notamment appartenance à une organisation terroriste.

(©AFP / 10 janvier 2013 22h06)


Nombre de lectures: 1207 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>