Pour le deuxième jour consécutif, de violents affrontements ont éclaté, ce lundi 21 avril à Tizi Ouzou, entre les forces antiémeute et des manifestants qui ont tenté de marcher de l’université vers le centre-ville. Ces violences interviennent au lendemain de la répression de la traditionnelle marche du 20 avril. Des photos et des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent les méthodes scandaleuses des forces antiémeute. C’est la première fois, depuis de nombreuses années, que la célébration du 20 avril est réprimée de cette manière, sans aucune explication.

Le DGSN Hamel a ordonné l’ouverture d’une enquête. Mais on peut déjà vous annoncer le résultat : les policiers seront innocentés et les manifestants déclarés fautifs. Dans un pays comme l’Algérie, les policiers ne sont jamais sanctionnés. Cela s’est vérifié récemment à Ghardaïa et dans d’autres dossiers où la police a commis de graves dépassements.

Cette répression intervient alors que des atteintes aux libertés sont signalées. Trois journaux,Algérie News, Liberté et Echorouk ont vu leur quota de publicité publique supprimé ou réduit. Les partisans du président Bouteflika ont pourtant, tout au long de la campagne électorale, tenté de vendre à l’Algérie et à la communauté internationale, un projet de nouveau mandat placé sous le signe de l’ouverture. Mais on assiste à un début de mandat placé sous le double signe de la répression et de la censure.

Aujourd’hui, le clan présidentiel ne peut plus mettre en cause le DRS. Les structures politiques des services ont été officiellement dissoutes. Dans le cas de la presse, c’est Abdelkader Messahel, un ministre choisi par Bouteflika, qui gère : le mépris et les intimidations pour les journalistes algériens et le champagne à l’hôtel El-Aurassi pour les envoyés spéciaux étrangers.

Toutes les promesses d’ouvertures faites par les partisans de Bouteflika durant la campagne électorale viennent de voler en éclats. D’ailleurs les pays occidentaux l’ont compris : la France a réagi timidement à la réélection de Bouteflika. Le Royaume-Uni a réagi via son ministre des Affaires étrangères. Quant aux États-Unis, ils n’ont toujours pas commenté l’élection algérienne. Comme s’il s’agissait d’un non-événement.