DzActiviste.info Publié le lun 2 Juil 2012

Une Algérie indépendante mais immature

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Manifestation à Alger le 12 février 2011. Reuters/Zohra Bensemra

Manifestation à Alger le 12 février 2011. Reuters/Zohra Bensemra

En cinquante ans d’indépendance, l’Algérie n’a pas beaucoup mûri selon le chroniqueur Chawki Amari.

Dix décennies, un demi-siècle ou treize coupes du monde, on peut estimer le temps qui passe avec les outils que l’on veut, surtout avec le temps qu’il fait. C’est beaucoup, presque rien ou pas assez?

Les mères les plus clémentes des clémentines, aiment à souligner que 50 ans, c’est jeune et que l’on est encore un enfant à cet âge.

C’est probablement pour cette raison que la majorité des dirigeants ont une mère à plus de 70 ans, et que l’on peut presque les traiter en adultes.

Car pour une mère algérienne, un homme reste un enfant jusqu’à ce qu’il soit grand-père, c’est-à-dire jusqu’à ce que ses enfants aient enfanté d’autres enfants.

Mais en dehors de ces enfantillages, si cette déconstruction temporelle et maternelle est touchante, l’infantilisation permanente aura donné à grande échelle l’impunité, l’irresponsabilité et l’inconscience, trois phénomènes qui dirigent le pays depuis l’indépendance.

Des responsables irresponsables

En 50 ans, un ministre, un président ou un général s’est-il un jour excusé pour ses mauvais jugements et stratégies, avoué avoir commis une erreur ou assumé la responsabilité des nombreuses destructions, morts et drames?

Non, un enfant ne s’excuse pas, sauf quand on le frappe, et personne ne peut frapper un ministre, un président ou un général.

L’Algérie est-elle alors un enfant mal élevé qui refuse de reconnaître l’autorité de la morale?

En réalité, l’Algérie n’est pas si jeune que ça, si elle a eu son indépendance en 1962, l’Australie l’aura eu après elle, en 1986, en se séparant de l’Angleterre.

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes algériens rêvent d’aller en Australie, contrairement aux jeunes Australiens qui cauchemardent d’être envoyés en Algérie.

Qui gagne? C’est là aussi de la subjectivité même si ce qui est sûr, c’est que l’Algérie a perdu beaucoup de temps.

A trois jours du sifflet de l’arbitre, on croit encore au fameux but de la dernière minute. Mais de moins en moins.

Chawki Amari (El Watan)

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