DzActiviste.info Publié le sam 24 Août 2013

Une armée trop présente, un peuple trop absent

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générauxAhmed AMOKRANE

Le bilan que nous pouvons faire des cinquante et un ans « d’indépendance », montre que le pays, possède une seule « institution organisée » .  En effet, en usant de ses énormes capacités, l’armée  a fini par neutraliser toute forme d’organisation sociale, culturelle , économique ou politique. Le problème est que cette institution consomme tout ce que  produit  notre seule compagnie industrielle nationale. Il est triste de constater que la seule institution organisée du pays, consomme tout ce que produit la Sonatrach en sa qualité de la seule compagnie industrielle nationale.

Au pouvoir depuis 1962, l’armée s’est octroyée un  énorme budget qui n’est soumis à aucun débat ni contrôle.

Les meilleurs quartiers de nos villes, nos meilleures plages et nos meilleures terres, sont dominées par des casernes aussi inutiles que coûteuses.

D’un point de vue politique, l’armée est instrumentalisée par un cabinet noir qui a fini par en faire une sorte de parti clandestin. Ayant mené une politique de dépolitisation massive, ce cabinet noir en possession d’une armée privatisée, s’est avéré le seul parti politique du pays.

De cette politique d’hégémonie, de spoliation et de neutralisation, le pays se retrouve avec une société civile  humiliée, épuisée, instrumentalisée  et marginalisée.

Les différents coups d’Etat militaires commis en Algérie (1962, 1965, 1992) et en Egypte(1952,2013) et les bilans que nous pouvons faire de ces longues périodes  de règne des armées, prouvent, qu’on ne gère pas un pays de la même façon qu’une caserne. Une armée républicaine a tout à gagner en restant loin des enjeux politiques.

En dominant la vie politique de leur pays, les armées algérienne et égyptienne, risquent d’être traversées par des courants politiques contradictoires qui provoqueraient à moyen terme leurs propres divisions.

Le fait de  s’imposer comme seuls partis politiques  de leur  pays, isole les armées algérienne et égyptienne  par rapport à leur peuple. Cet isolement, profite aux puissances qui exploitent la situation et portent ainsi une atteinte à la souveraineté nationale en  louant leurs services de protection à des régimes sans légitimités.

Les positions hypocrites  des puissances en général et de l’occident en particulier vis-à-vis du dernier coup d’Etat militaire commis en Egypte et par rapport à l’usage des armes chimiques par le régime syrien, prouvent que les puissances ne se préoccupent que de leurs intérêts. Les régimes militaires qui dominent nos pays, doivent savoir que les puissances n’ont ni amis, ni alliés.

La solution de sortie de crise de nos pays, passe par notre capacité à sceller un compromis politique qui concernera toutes les tendances politiques y compris l’armée.

Sans ce compromis, nous risquons de sombrer dans d’interminables guerres civiles qui ne profiteraient qu’aux puissances qui s’intéressent de plus en plus à nos vastes territoires et à nos grandes richesses naturelles.

 


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