DzActiviste.info Publié le ven 12 Avr 2013

Une autre utopie algérienne: un Etat arc-en-ciel sur mesure.

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Plutôt que de chercher à nous imposer des concepts qui violent nos convictions respectives, sur nos propres  visions de la société, telles que nous en rêvons, les uns et les autres, pourquoi ne pas envisager l’idée d’une Algérie fédérale, où nous aurions trois Etats. Ou les populations respectives choisiraient leur mode de vie, leur projet de société. Un seul pays, mais avec des règles différentes. 
* Le premier serait islamique salafiste et appliquerait la Charia. Les femmes porteront impérativement le nikab. Les fourouds seront obligatoires, avec des tribunaux et une police islamique, pour châtier tout récalcitrant. Toutes les lois et toutes les réglementations seront directement inspirées de la charia. Les châtiments corporels seront appliqués dans toute leur rigueur, la peine de mort aussi, publiquement et au sabre. Les boissons alcoolisées y seront prohibées, ainsi que les tenues non islamiques et la mixité dans les établissements scolaires. Les plages seront réservées uniquement à la gent masculine. Les Oulemas seront sollicités afin de donner leur avis sur l’âge du mariage pour les filles.  La langue nationale sera l’arabe classique. Pour tout ce qui concernera le mode de vie, il sera interdit de déroger aux règles islamiques de l’islam originel.


* Le second Etat sera laïc, genre éradicateur, copié sur l’occident, où il serait fait table rase de toute forme d’islamisme, voire même d’islam tout court, où le hidjab sera interdit dans les endroits publics, et même dans la rue, encore plus qu’en France. Les restaurants devront ouvrir obligatoirement pendant le Ramadhan. Les horaires de travail, pendant le Ramadhan ne changeront pas, et la prière sur les lieux de travail sera proscrite. Des plages pour nudistes seront autorisées, ainsi que les sex-shop, les clubs d’échangistes, et autres labo de là-bas. Le mariage homosexuel y sera légalisé. La langue nationale sera le français titi. Pour tout ce qui concernera le mode de vie, Il sera interdit d’interdire. Sauf pour tout ce qui concerne l’islam.

* Le troisième sera entre les deux, où il sera permis de s’habiller comme on veut, de porter le nikab, le hidjab, le haïk, le jean ou la mini-jupe, chacune comme elle voudra, dans la convivialité générale, où les gens baignent dans un climat de tolérance les uns pour les autres, où ceux qui prient le font derrière des imams sereins et bienveillants, qui leur prodiguent des conseils sur la bonne cohabitation, sur le civisme, sur la joie de vivre, sur la solidarité agissante. Des imams et des fidèles qui donnent l’exemple, qui inspirent le respect. 
Et les autres, ceux qui aiment prendre l’apéro, disposeront de bars propres et bien tenus, comme dans les années 70, où ils se retrouveraient entre eux, sans devoir se cacher, ni d’aller boire en rase-campagne, ou dans des tripots clandestins.
Dans ce troisième état, on restaurera les vieux quartiers, qui sont l’âme de notre identité, comme la Casbah, on rouvrira les théâtres et les cinémas, on redonnera aux fêtes religieuses, comme le Mouloud, le Ramadhan et les Aïds, leur faste d’antan, l’enfance retrouvera ses droits, et sa place de choix, dans une société fraternelle et apaisée. Les plages seront mixtes, libre à celles qui voudront y aller de se baigner en maillot de bain ou en robe. Les langues nationales seront le derja, le tamazight, l’arabe classique. Le français y sera pratiqué, sans avoir de statut néanmoins. Les interdits sociaux sont inspirés par le mode de vie algérien, où la pudeur est un art de vivre, qui va de soi, et non un sabre moyen-oriental.
Et ainsi, au lieu de chercher à convertir les autres par la force, à notre propre conception de la société, nous aurons tous le choix d’aller vivre dans un Etat algérien ou un autre Etat algérien qui convienne à la vie que nous voulons. Chacun vivrait au milieu de gens qui pensent comme lui, et qui auront choisi le mode de vie qui leur convient. Et on arrêtera ainsi de s’empoisonner l’existence, les uns les autres. Les islamistes  en Islamistan, les occidentalistes en Copiécolléstan, et les algérianistes en Algérie.

Entre nous, je parie qu’il y en aura pas mal qui trouveront des prétextes, soit disant des motifs professionnels, pour aller dans les Etats où il est plus agréable de vivre, et où l’hypocrisie est moins pesante. Mais bonh ! 

DB


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