DzActiviste.info Publié le mar 30 Juil 2013

Une presse à ne pas avaler.

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Par Said Radjef

kepisLa corruption de la presse est en effet la source de toutes les autres. Plus qu’asservir et désinformer, la presse algérienne est un danger pour la liberté, la libre pensée et la culture que nos grandes plumes ont réduit depuis longtemps à une simple marchandise de trabendo. Au lieu de combattre la soumission, la résignation et le caractère superficiel de l’élite, la presse algérienne oriente sa critique pour encourager et inciter les esprits à la corruption, au renoncement et à l’hypocrisie pour entretenir les caprices d’une poignée de caporaux aussi incultes qu’arrogants.

Une poignée de caporaux qui ont débauché la République pour plaire aux maîtres de la haute finance internationale et de la grosse industrie militaire qui entretiennent le terrorisme et les guerres civiles un peu partout à travers le monde arabe. En outre, tandis que le journalisme exige, pour être exercé correctement, un sens moral et un sens des responsabilités au-dessus de la moyenne, il est plutôt devenu symbole d’impunité et d’irresponsabilité. Le cas du quotidien El Watan, un journal pervers et pernicieux, est un exemple édifiant de cette entreprise criminelle dont l’objectif est de dissuader toute résistance morale et intellectuelle contre les pouvoirs infinis des caporaux. On ne demande pas à la presse de cesser d’exister, mais on lui demande de cesser de se prostituer aussi vulgairement, de se mentir à elle-même et mentir aux autres sur ce qu’elle est capable de faire et sur la réalité de ce qu’elle fait.

Qui est responsable de la crise dans laquelle se débat le pays depuis plus de soixante ans : les malversations de l’ANEP et les ambitions de Said Bouteflika ou les caporaux clandestins qui retiennent en otage l’Etat ? A Bouteflika n’est pas le président que les algériennes et les algériens auraient souhaité avoir. C’est l’armée qui l’a courtisé et qui l’a imposé au peuple. En dépit de cette marge de manœuvre très réduite et de toutes les tares dont il est accablé, il a fait preuve d’intelligence et de perspicacité politiques. Mais que peut-on penser d’une armée aux pouvoirs étendus à l’infini, sans le moindre adversaire en face d’elle, qui a imposé et qui impose jusqu’à ce moment une guerre contre le peuple en hypothéquant le destin de la nation algérienne ? En quoi la profusion de journaux est-elle un danger pour la démocratie et en quoi avoir des ambitions présidentielles est-il un crime de lèse majesté ? Peut-on imaginer un seul instant une démocratie sans liberté d’expression ? Peut-on concevoir une démocratie là où l’on n’a pas le droit d’informer et d’être informé ? Le peuple algérien est adulte ; il a conscience des dangers qui menacent l’avenir du pays. Il sait qu’ils ne viennent pas des malversations de l’ANEP ou de la famille Bouteflika. Ils viennent d’une poignée de caporaux qui se chamaillent par Marlboro interposés et qui ne connaissent pas les nuisances mortelles que peuvent provoquer les excès.


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Displaying 1 Comments
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  1. Algérien dit :

    chaque journal est adhérent à un clan du pouvoir. la plupart des éditeurs privés algériens ne sont outre que des  »commerçants » et courtisans du pouvoir. A plat ventre!

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