DzActiviste.info Publié le sam 18 Août 2012

Vide du pouvoir en Algérie

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L’Algérie attend la nomination d’un nouveau gouvernement depuis trois mois. Le président Abdelaziz Bouteflika qui s’était éclipsé depuis le 16 juillet pour réapparaitre mardi laisse le pays livré à lui-même.
  • L’Algérie s’enfonce dans l’immobilisme. Depuis les législatives du 10 mai dernier, le temps s’est figé dans le pays quasiment à l’arrêt. Absent depuis le 16 juillet dernier, le président Abdelaziz Bouteflika a fait mardi soir sa première apparition publique lors de la célébration d’une fête religieuse. Son absence a suscité des interrogations sur son état de santé chancelant depuis 2005. Même des ministres ne savaient pas où il était parti ! « Personne ne sait où il est allé, personne ne connait ses intentions et ses projets. C’est le flou total. Le pays navigue à vue », déplore un ministre sous couvert de l’anonymat. La presse privée s’est interrogée sur l’absence inexpliquée et prolongée du chef de l’Etat. Le mystère reste entier.
Le gouvernement gère les affaires courantes
La présidence de la République n’a pas soufflé un mot sur l’éclipse de Bouteflika qui a laissé le pays livré à lui-même dans un contexte social tendu marqué par des émeutes contre les coupures d’électricité. D’autant que le gouvernement, amputé de six ministres écartés après avoir été élus députés à l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du Parlement) lors des dernières législatives, est paralysé et se contente de gérer les affaires courantes. Entre temps, les problèmes s’accumulent : détérioration de la situation avec le Mali, tensions avec le Maroc, délestages du courant électrique, hausse de la délinquance, insécurité dans les grandes villes, hausse des prix des produits de large consommation, blocage des investissements publics et privés…
Un pays qui n’est plus gouverné

L’Etat cède du terrain chaque jour aux délinquants et barons de l’économie parallèle qui ont transformé le pays en un vaste marché à ciel ouvert. Trois mois après les législatives du 10 mai, l’Algérie donne l’image d’un pays qui n’est plus gouverné ! Le Forum des chefs d’entreprises (FCE) a appelé à la constitution d’un nouveau gouvernement pour éviter que les dossiers économiques s’accumulent. « On voudrait que la période intermédiaire s’arrête. Qu’il y ait arbitrage, décisions et cohérence », a déclaré son président Réda Hamiani. Les partis politiques de l’opposition s’alarment aussi du retard pris pour la nomination d’un nouvel Exécutif. Mais le chef de l’Etat reste sourd à ces appels ! Et ces réformes politiques qu’il avait annoncées en avril 2011 dans la foulée des révoltes arabes sont au point mort. La révision de la Constitution, l’ouverture de l’audiovisuel au privé, la dépénalisation de l’acte de gestion pour les managers publics et privés, la relance de l’économie et la lutte contre la bureaucratie et la corruption sont restées en l’état de promesses !

Hamid Guemache, 


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