DzActiviste.info Publié le jeu 6 Déc 2012

Vieillissement et dépendance : une prise en charge lourde qui doit nécessairement impliquer l’intervention des pouvoirs publics.

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La faculté des sciences sociales et humaines de l’université Mouloud Mammeri a organisé les 4-5-6 décembre un colloque international consacré à la vieillesse et à la dépendance. Un sujet sensible qui interpelle les spécialistes et qui mérite  que l’on s’y penche, quand bien même notre pays est réputé être un pays jeune. Cette étape de la vie, et les exigences qu’elle ne manquera de générer à l’avenir, va nous rattraper puisque la réalité démographique algérienne s’impose la vérité future. L’université a le devoir, et c’est son rôle, d’alerter les pouvoirs publics pour que ces derniers anticipent sur l’avenir et mettent en place les dispositifs à même de permettre à nos personnes âgées de vivre dans la dignité. Je pense que ce colloque est le début de quelques choses et à ce titre, il a atteint son objectif.

Voici le résumé de ma communication

La maladie d’Alzheimer sera, du fait de l’amélioration de l’espérance vie et donc d’une plus grande longévité des sujets, de plus en plus souvent diagnostiquée dans notre pays. Le nombre de malades sera numériquement plus important ; ce qui ne sera pas sans retombées sur le budget de la santé, en particulier celui de la caisse de sécurité sociale. Une donnée dont l’Etat algérien devra tenir compte pour rationaliser les dépenses publiques qu’une telle pathologie ne manquera pas de générer et répondre avec efficacité aux exigences d’une prise en charge particulièrement complexe.

La maladie d’Alzheimer est la principale cause de démence chez les personnes âgées. 35,6 millions de malades ont été dénombrés en 2010, dans le monde. Un chiffre qui devrait passer en 2050 à 115,4 millions d’individus. La troisième cause d’invalidité après 60 ans. C’est une des maladies les plus coûteuses pour les économies des pays développés. 604 milliards de dollars US y ont été dépensés en 2010.

Le risque de « faire » une maladie d’Alzheimer est donc naturellement élevé dans notre pays, qui verra s’accroitre de plus en plus le nombre de sujets atteints de cette forme de démence sénile. 100 000 sujets ont été  dénombrés en 2010 en Algérie. Un chiffre sans doute en deçà de la réalité. Est-ce que les pouvoirs publics algériens s’y sont préparés ? Rien n’est moins sûr. Pour autant, il faudra bien répondre aux besoins spécifiques de ces malades et venir en aide à leurs familles, en anticipant notamment sur les dispositifs et structures à mettre en place  pour accueillir ces malades. Est-il nécessaire de souligner que l’Algérie ne dispose ni de maisons de retraite, ni d’établissements hospitaliers spécialisés en gériatrie.

L’Assemblée nationale a voté en 2010 une loi – la loi 10-12 du 29 décembre 2010, relative à la protection des personnes âgées – pour venir en aide à cette tranche de la population. Cependant, cette loi, qui axe et focalise la responsabilité de cette prise en charge sur les familles, ne met pas clairement l’Etat algérien dans l’obligation de donner, aux parents, les moyens indispensables pour un soutien effectif et efficace des séniors et pour offrir, à ces derniers, les conditions d’une vie digne ; en particulier pour ceux qui sont en situation de dépendance ou qui présentent des maladies graves, à l’exemple de la maladie d’Alzheimer. S’il a été question, dans cette loi, de structures d’accueil pour personnes âgées dépendantes, les maisons de retraite et les établissements spécialisés de gériatrie n’ont pas été évoqués.

Dans mon propos, je m’efforcerai, à la lumière de la loi 10-12 relative à la protection des personnes âgées, de mettre en relief les possibilités de prise en charge des personnes âgées dépendantes, en particulier celles souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer, vieillesse et dépendance  (la conférence)


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