DzActiviste.info Publié le sam 26 Jan 2013

Vive le printemps des peuples, à bas tous les despotes !

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Curieusement, de toutes parts, parfois de milieux au dessus de tout soupçon, et que nul ne peut accuser de rouler pour qui que ce soit, des voix s’élèvent, pour dénier à des peuples qui luttent et qui meurent, jusqu’au mots de printemps des peuples, de révolution populaire.
Très étrangement, au prétexte que ces peuples sont aidés par le Qatar et la Saoudie, ces hommes et ces femmes se sont massivement mobilisés contre ces peuples, qu’ils accusent de toutes les tares, des plus noires intentions. Et pire encore, ils se sont faits les avocats de leurs despotes. Des tyrans atroces, de père en fils, dont les frasques et les crimes sont indicibles. Des familles entières, qui ont pris possession de ces pays, qui en ont fait leur propriété, leur chose. Où ils ont commis les pires exactions qui puissent s’imaginer.
Et ainsi, de jour au lendemain, Les Benali, Kadhafi, Moubarajk, et surtout Assad, sont devenus des héros, des remparts contre le terrorisme islamiste, des combattants contre Israël.

Je ne sais pas comment cela s’est fait, puisque je connais personnellement plusieurs personnes qui sont dans ces attitudes, certains sont des amis. Je sais qu’ils sont sincères, mais je ne comprends pas comment ils ont pu, ainsi, se faire manipuler, comment ils sont devenus les défenseurs de dictateurs, d’assassins de masse, de pillards, de gens qui ont ravagé leurs pays respectifs, qui les ont dévastés. Ils nous sortent cette fumeuse théorie qu’il faut choisir le moindre mal, comme si ces dynasties de dictateurs étaient un tant soit peu vivables, en tout cas mieux que ceux qui s’apprêtent à prendre le pouvoir. Procès d’intention dont les Algériens connaissent bien le discours.

Il est vrai que la Saoudie et le Qatar se sont engouffrés dans l’opportunité, si je peux dire, qu’ils font tout pour récupérer cette formidable dynamique, pour l’utiliser à des fins inavouées, peut-être même au profit de leur grand allié Israël.
Il est vrai qu’ils ont injecté des sommes faramineuses, envoyé des armements, joué aux sergents recruteurs, pour battre le rappel de djihadistes, et tenter ainsi de dévoyer le cours de l’histoire, de façon à le domestiquer, à le contrôler, voire même à le diriger contre leur seul véritable ennemi, l’Iran.
Il est vrai aussi que des mouvements salafistes, dont l’opportunisme n’est plus à démontrer, se sont engouffrés dans ces révolutions populaires, et qu’ils ont réussi à se hisser à leur tête. Personne, y compris ceux qui les craignent, ou qui les haïssent, ne peut dénier leur engagement, leur courage, et leurs immenses sacrifices. Ils sont sur le terrain, ils luttent à armes très inégales, et meurent par dizaines de milliers, parce qu’ils croient en leur cause.
Je ne suis pas de leur bord, et je crois qu’ils se sont fourvoyés, parce qu’ils sont tombés dans le traquenard odieux des Saoudiens, qui usent de ce bien commode prétexte de djihad, et qui n’hésitent pas à sacrifier des populations entières, pour des objectifs sordides. De la même manière qu’ils ont décrété le djihad en Afghanistan, parce que la CIA leur avait demandé de le faire, pour mettre fin à une guerre froide qui traînait en longueur.

Mais ce n’est pas parce que ces relais parasites tentent de récupérer une révolution que celle-ci n’en est plus une ! Ce n’est pas parce qu’ils ont jeté leur gourme sur un mouvement dont ils craignent les effets, et qu’ils veulent domestiquer, que celui-ci est tout aussitôt décrédibilisé.
Ce n’est pas parce qu’ils sont devenus, de facto, les ennemis de ces despotes que leurs peuples affrontent que ceux-ci se retrouvent, par on ne sait quelle grâce, dans la peau de héros et de résistants. L’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami. Loin s’en faut !

C’est aux peuples qui luttent, et qui meurent pour leurs idées, qu’il appartiendra de se déterminer, et de choisir leurs vrais amis, le jour où ils accèderont enfin à la liberté, le jour où ils pourront enfin chasser leurs tyrans. Et il ne faut pas douter qu’ils sauront, le moment venu, reconnaître qui est vraiment de leur bord, et avec qui ils devront tracer leur route.
Ils sauront, quand l’aube viendra, que la Saoudie et le Qatar ne les ont aidés que pour les enchaîner, pour les utiliser.
Aujourd’hui, en Tunisie, en Égypte, et même en Libye, les peuples ont ouvert les yeux sur le Qatar et la Saoudie. Les journalistes d’Al Jazeera ne sont plus en pays conquis. Ils sont systématiquement vilipendés, parfois même pris à partie.

Il en est de même pour le peuple bahreïni, qui se bat seul, dans le silence complice de tous les médias du monde. La même Saoudie, et le même Qatar, armé de sa Jazeera, ont réussi à faire croire aux peuples musulmans que les Bahreïnis sont d’affreux chiites, qui tentent de détruire le sunnisme, et autres propagandes de la même veine.
Ils sont bien seuls ces courageux bahreïnis, abandonnés de tous. Parce que les grands médias du monde sont entre les mains des lobbies sionistes, et que ceux-ci sont les alliés naturels du wahhabisme.
Personne ou presque n’évoque les souffrances quotidiennes que ce malheureux peuple endure, les milliers de morts qu’ils déplore, les viols, la torture, la démolition de ses maisons, l’incarcération de dizaines de milliers de manifestants, dans des conditions atroces. Les Bahreïnis sont seuls, face à la terrifiante propagande wahhabo-sioniste.

Il est temps, pour tous les peuples de la terre, quelle que soit leur religion, leurs croyances, ou leur absence de croyance, de se ranger aux côtés de tous ces peuples qui luttent, aux côtés du peuple palestinien, et de tous ceux qui se sont dressés contre le despotisme et l’exploitation.
Tous les peuples qui luttent ont droit à notre soutien.
Il n’y a pas de bon despote, ni de mauvais peuple.
Vivent tous les peuples dignes et fiers qui luttent pour leur dignité !
A bas tous les despotes !

DB


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